Que peut-on attendre du 72e Locarno Film Festival ?

Le 7 août au soir, Lili Hinstin, deuxième directrice artistique de l’histoire du Locarno Film Festival va faire son entrée en scène sur la Piazza Grande. Directrice artistique sortante du Festival international EntreVues de Belfort (à gauche sur la photo ci-contre), elle succède au très populaire Carlo Chatrian, qui dirige désormais la Berlinale. Une ère nouvelle ? Nous n’allons pas tarder à le savoir.

En août 2018, respectant la campagne engagée par son prédécesseur, Lili Hinstin déclarait que le festival ferait place aux nouveaux acteurs que sont les fournisseurs de VOD (Netflix, Amazon…) « au sens où … (ils) sont devenus des producteurs de contenus ». Le projet a sans doute été mis en attente : on a appris en juillet que plus de la moitié du catalogue Netflix doit être rendu à ses propriétaires légitimes (des studios qui se lancent à leur tour dans la VOD). La bataille fait rage entre le leader incontesté, mais menacé de devenir une coquille partiellement vide, et des concurrents toujours plus nombreux et plus puissants. On suppose que le moment n’était pas favorable à la création à Locarno d’une section « séries et films ».

Il y a eu plus pressant à résoudre : le Blake Edwards Estate a demandé en début d’année de repousser la rétrospective Blake Edwards prévue de longue date pour l’été 2019. Lili Hinstin n’a eu d’autre solution que d’anticiper la rétro Black Light, initialement prévue pour 2020, un panorama international des Noirs dans le cinéma du XXe siècle, devant et derrière la caméra. Avec la complicité de Greg de Cuir Jr, spécialiste reconnu du cinéma noir international, la rétro Black Light a été mise sur rails. On y (re)découvrira des œuvres phares d’auteurs européens (Jean-Grémillon, Jim Jarmusch, Pier Paolo Pasolini, Kenneth Macpherson, Marcel Camus, etc),  américains (John Singleton, Bill Duke, Quentin Tarantino, Charles Burnett, Joseph L. Mankiewicz, Jules Dassin) et quelques films « originels » marquants (d’Afrique, des Caraïbes) comme (West Indies de Med Hondo, The Harder They Come de Perry Henzell, Petit à Petit de Jean Rouch, La Noire de… d’Ousmane Sembène, etc.). Cette programmation sur les Noirs et le cinéma coïncide avec un anniversaire : c’est en 1619, il y a 400 ans, que les premières cargaisons d’esclaves noirs furent acheminées en Virginie.

Un des défis de Locarno, c’est de réussir la programmation de la Piazza Grande. Cette année, on y verra 19 longs métrages, dont 6 films en deuxième position, projetés après minuit, souvent plus fous et plus musclés que les films de la première partie. Le panachage annoncé est de bon augure. Le parterre de la Piazza (8’000 spectateurs dans les conditions optimales) pourra applaudir, lors des incontournables présentations avant une projection, des célébrités honorées par le festival comme la comédienne Hilary Swank (photo ci-dessus, dans Million Dollar Baby) ou les réalisateurs John Waters, Bong Joon-ho (Palme d’Or 2019 pour Parasite) ou encore « notre » Fredi M. Murer national (photo ci-contre).

Des dizaines d’autres talents du 7e art rencontreront le public lors de forums publics ou simplement au détour d’une ruelle de Locarno. Sur l’immense écran de la Piazza (14 m de hauteur, 26 m de largeur), avant le reste de l’Helvétie, le public découvrira en première partie de soirée (dès 21h30) des films aussi divers que Once upon a Time in Hollywood, comédie d’action et thriller de Quentin Tarantino, un documentaire sur Diego Maradona (Asif Kapadia), la comédie Notre Dame de Valérie Donzelli, le polar La Fille au bracelet de Stéphane Demoustier, le thriller 7500 de Patrick Vollrath ou encore le drame Tabi no owari sekai no hajimari du Japonais Kiyoshi Kurosawa, pour en citer quelques-uns.

Impossible de donner un aperçu général des films proposés, le festival aligne tellement de sections (11 au total) remplies à ras bord : cinq sections dites « compétitives (Piazza Grande, Concorso internazionale, Concorso Cineasti del presente, Moving Ahead, Pardi di domani, plus d’une centaine de titres en première mondiale) et six sections non compétitives (Fuori Concorso, Histoire(s) du Cinéma, Retrospettiva, Open Doors, Semaine de la Critique et Panorama Suisse). Au total, si notre comptabilité est correcte : 245 films. À table : il y en aura pour tous !

Suzanne Déglon-Scholer

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