Le collège de Saussure accueille Jenishbek Edigeev, journaliste Kirghize

Dans le cadre de la 9e Semaine des médias à l’école, le collège de Saussure (GE) a accueilli le 26 mars dernier, Jenishbek Edigeev, journaliste kirghize (photo ci-dessous). Plusieurs élèves nous font part de leur expérience.

Conférence sur la liberté d’expression

« Lundi 26 mars 2012 nous avons eu la chance de pouvoir accueillir au sein de notre collège de Saussure un journaliste Kirghize, Jenishbek Edigeev. Ce dernier est un réfugié politique qui habite à Genève depuis trois ans. Dans son pays d’origine, il a entrepris des études de lettres et de journalisme durant cinq ans puis il a commencé à écrire lorsqu’il était à l’armée. Son premier article a été publié dans un journal central, il a ensuite travaillé pour plusieurs journaux en tant que correspondant et rédacteur (12 ans). En 2008, il crée un journal privé avec sa femme qui est également journaliste. Malheureusement, ce journal n’a duré que deux ans à cause du régime dictatorial du pays. Selon lui, sans journalisme n’importe quel pays serait l’otage de l’État.

Il est venu nous parler de la liberté d’expression en particulier dans son pays, où elle constamment surveillée, le gouvernement contrôle assidûment toutes diffusions d’informations en censurant ce qu’il ne veut pas que la population sache. Certains journaux ont même été interdits à cause des informations diffusées sur les impôts, le gouvernement ou des organisations criminelles.

Le Kirghizstan est un pays au centre de l’Asie, ancienne république de l’URSS, indépendant depuis la chute de l’URSS, à savoir en 1991. La langue parlée dans ce pays est une langue turque, le kirghiz. Il y a plus de 5 millions d’habitants dont la majorité est musulmane sunnite.

En sept ans, il y a eu deux révolutions dans lesquelles le journalisme a joué un rôle important. Le premier président a dirigé le pays pendant quinze ans et le dernier pendant cinq ans. Le gouvernement a voulu transformer le pays en dictature en maintenant le pouvoir comme durant le régime de l’URSS. Le peuple s’est ensuite soulevé et il y a eu des manifestations.

Aujourd’hui le Kirghizstan est plus démocratique que ses voisins, il y a 1’600 médias parmi lesquels, 40 radios et 40 TV, ce qui signifie qu’une démocratie existe.

D’après lui, il y a eu une évolution de la liberté d’expression depuis la chute de l’URSS. Avant, aucun journal privé n’était autorisé, tous étaient gouvernementaux.

Les journalistes sont contraints de respecter certaines règles et d’éviter les sujets ethniques. Ils ont beaucoup de liberté, cependant s’ils abordent certains sujets, l’État intervient. Il a également précisé que les journalistes doivent comprendre par eux-mêmes quelles sont les limites à ne pas franchir.

Selon lui, la liberté d’expression dans les médias est un objectif à atteindre, d’ailleurs le premier président avait comme plan de construire un Kirghizstan démocratique, comme la Suisse ». (Texte écrit par Sarah, Lorraine et Joleen)

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« M. Jenishbek Edigeev a commencé en nous parlant de lui, de sa vie ainsi que de ses origines. Il vient du Kirghizistan , un pays composé à 95 % de surfaces montagneuses. Il est réfugié politique et il habite à Genève cela fait maintenant trois ans.  Il a étudié pendant 5 ans dans une université du Kirghizistan. Il a commencé à écrire lorsqu’il était à l’armée, une chose qui le rendit très heureux. Il crée alors un journal privé et soutient avec ferveur le journalisme sans quoi, dit-il, le peuple est l’otage de l’État.

Le pays subit alors deux révolutions en sept ans, la dictature répressive s’avère être un massacre. Les journalistes ont joués un rôle très important dans cette révolte. Plus de 1600 organes de presse ( radios, journaux, etc… ) sont mis en place. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un cinquième à cause de la dictature. Toutefois, dernièrement, la liberté de presse à augmenté.

Le journaliste insiste sur le fait qu’en rencontrant et en parlant avant des gens à Genève ici, ces derniers sont très peu informés, voire ne connaissent rien sur le sujet.  Actuellement, l’idéologie du pays a beaucoup changé, les problèmes économiques prennent de l’importance. Le pays reste toutefois divisé en ethnies au nord/sud/est…

Lors des révoltes, les journalistes étaient sur le terrain, ils prenaient des photos et informaient les gens. Une dizaine d’entre eux ont péri par faute de la dictature. La démocratie est « un enfant qui n’a pas grandi » au Kirghizistan. Le journaliste souhaiterait le modèle Suisse pour son pays. Il publie actuellement en Suisse sous son vrai nom mais se pose toutefois des limites par peur d’une répression qui pourrait advenir sur ses proches restés au pays ». (Texte écrit par : Andréas, Miguel, Gianmarco)

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« Le lundi 26 mars, un journaliste originaire du Kirghizstan (un petit pays montagneux du centre de l’Asie, à majorité musulmane) et réfugié politique à Genève depuis 3 ans, est venu au collège de Saussure pour raconter comment la vie se passe dans son pays, et plus particulièrement ce qu’il en est de la liberté d’expression et de la presse. Le Kirghizstan faisait partie de l’URSS, un état totalitaire alors gouverné d’une main de fer par le parti communiste qui contrôlait sévèrement tous les aspects de la vie quotidienne, notamment la communication et les médias (livres, radio, télévision, cinéma, théâtre, etc…), afin de censurer toutes les idées considérées comme indésirables ou dangereuses pour le système.

Le journaliste raconte qu’à 13 ans, il a passé des examens et à la question de savoir qui était son père, il ne devait pas  répondre par son nom, mais par : « mon père est Lénine, et ma mère est le parti communiste ».

Plus tard, il a fait des études de lettres et de journalisme, puis il s’est mis à écrire quand il était à l’armée, avant de travailler ensuite comme journaliste pour plusieurs journaux.

En 1991, lorsque l’URSS s’est disloquée, la population russe, notamment au Kirghizstan, a espéré davantage de libertés ; en effet, 15 républiques soviétiques ont été déclarées indépendantes, Moscou n’ayant plus l’autorité pour leur imposer son idéologie ainsi que ses volontés. Pour la première fois, les Kirghiz ont pu choisir leur président, et créer un nouvel hymne national et leur propre drapeau. Le journaliste affirme que la démocratie existe au Kirghizstan et que plus de 1.600 radios, télévisions et journaux ont vu le jour, alors que sous la domination de l’URSS, tous les médias étaient soumis aux autorités gouvernementales. Cependant, il explique aussi que les deux présidents qui se sont succédé depuis 1991 à la tête du pays se sont transformés en dictateurs, car ils essayaient de rétablir un régime semblable à celui de l’URSS. Cela a entraîné deux révolutions qui ont duré sept ans et durant lesquelles les journalistes ont tenu un rôle particulièrement actif dans la lutte contre le pouvoir, plusieurs d’entre eux ayant même été hospitalisés ou tués.

Malheureusement, le pays souffre encore d’un système largement inspiré du totalitarisme russe, dans lequel les libertés sont rarement garanties. Ainsi, officiellement, les Kirghiz ont tous les droits, mais s’ils critiquent le gouvernement, ils se font éliminer. De plus, il n’y a pas vraiment d’idéologie dans ce pays dont le peuple est divisé en plusieurs ethnies, ce qui entraîne des problèmes économiques.

En 2008, Jenishbek Edigeev a créé un journal avec son épouse, elle aussi journaliste. Cependant, ce quotidien critiquait le gouvernement, notamment la façon dont ce dernier gardait pour lui l’argent du peuple et ils ont dû le fermer puis quitter leur pays. C’est ainsi que, grâce à une organisation, ils sont arrivés en Suisse. Une fois en Europe, il a appris le français et suivi des études de sciences politiques à l’université, tout en écrivant à propos de la situation politique dans son pays. Mais il reste prudent, car il a de la famille au Kirghizstan et chacun de ses articles publiés en Occident leur fait courir un risque. Il dit qu’il va rester en Suisse jusqu’à ce que la situation se stabilise et s’améliore au Kirghizstan, pour lequel il rêve d’une démocratie inspirée du modèle suisse.

À la fin de la conférence, il répond à la question « la liberté d’expression doit-elle être totale ou certaine choses doivent être interdites ? » par le fait qu’elle devrait être totale, mais que les gens doivent être responsables de leur liberté d’expression, c’est-à-dire qu’ils doivent rester respectueux et se fixer certaines limites. »

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