Culture : parole aux jeunes !

Vendredi 5 mai, l’émission de radio Culture au point invite 5 jeunes à jouer les chroniqueurs. L’émission est diffusée en direct et en public du studio 15 de la RTS à Lausanne (Sallaz)

Au sommaire :

Une série : « 13 reasons why » de Brian Yorkey

–        par Lucie, 17 ans, du Gymnase Auguste Piccard à Lausanne, et Stéphane, 19 ans, en apprentissage de laborantin en physique à l’EPFL.

Une émission : « Nouvo »

–        par Stéphane, 19 ans, en apprentissage de laborantin en physique à l’EPFL et par Matthieu, 20 ans, vendeur.

Une pièce de théâtre : « Le Bal des voleurs » de Robert Sandoz

–        Par Océane, 18 ans, du Gymnase de Morges, et par Robin, 17 ans, du Gymnase de Nyon

Un documentaire : « Et les mistrals gagnants » de Anne-Dauphine Julliand

–        Par Matthieu, 20 ans, vendeur, et par Océane, 18 ans, au Gymnase de Morges

Une émission TV : « 26 minutes »

–        Par Lucie, 17 ans, du Gymnase Auguste Piccard à Lausanne, et par Robin, 17 ans, au Gymnase de Nyon.

 

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Participez au tournage d’un documentaire sur les jeunes et les médias !

cyprien_220Le réalisateur suisse Frédéric Gonseth prépare un documentaire sur le rapport des jeunes aux médias. Il cherche des 12-20 ans prêts à participer au film. Son assistante de production lance l’appel suivant :

On est en train de fabriquer un film sur les jeunes et les médias et on aimerait que tu adhères à notre projet ! 

Participer à notre projet, ça consiste en quoi ?

Il faut que tu aies entre 12 et 20 ans, et que tu nous autorises à comprendre la manière dont les informations circulent sur ton téléphone et ton ordi : quelles infos tu reçois (celles auxquelles tu crois, celles auxquelles tu ne crois pas), de qui elles proviennent et ce que tu en fais : tu les commentes ? Tu les relaies ? Vous en discutez avec les copains / copines ?

C’est une expérience qui ne changera rien à tes habitudes de vie, mais qui permettra à notre film documentaire de montrer ce que c’est que l’information pour les jeunes, quelque chose de différent de ce qu’elle était pour les générations plus anciennes (les ringards dans notre genre !).

Il y aura vos sujets lancés au sein du groupe et de temps en temps des sujets qui seront déclenchés par nous.

L’expérience devrait durer quelques mois. Au bout, il y aura une vraie rencontre pour sortir du virtuel, avec des stars de l’information et de l’humour genre très connus, qui réunira tous les groupes de jeunes qui participeront au projet.

Ce sera votre soirée, elle sera filmée et elle fera partie du film !

Le film est coproduit par la RTS et par Cinéforom, la Fondation romande pour le cinéma. Il sera diffusé par la RTS dans moins d’une année.

Il est réalisé par Frédéric Gonseth (son film “La Bataille du Gripen” sort le 1er mars au cinéma). Si tu es intéressé(e) à participer à notre aventure, merci d’envoyer un simple email à : anne-laure@fgprod.ch avec objet « Les jeunes et les médias »

notre site : www.fgprod.ch

Tu peux bien sur en parler aussi à des copains et copines !

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Mix & Remix : notre galerie souvenir

mix_litMix & Remix, lors du tournage de la série « Au coeur des médias », en 2005 (photo CIIP)

Le dessinateur Mix & Remix est décédé lundi 19 décembre à l’âge de 58 ans. Les hommages qui lui ont été rendus soulignaient tous sa boulimie de travail, sa générosité. Lorsque nous l’avions approché, en 2003, pour lui demander d’illustrer les visuels de la toute première Semaine des médias à l’école en Suisse romande, nous nous étions rencontrés brièvement dans un café lausannois. Avare de paroles, il avait accepté ce mandat et livré rapidement ce logo qui allait s’imposer durant plusieurs années par sa limpide évidence.logo_4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mix & Remix avait joint ces esquisses, qui ont connu une existence éphémère sur le site internet e-media.ch :

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En 2005, la Télévision Suisse Romande avait tourné la 2e saison de la série « Au coeur des médias », destinée à être diffusée en mars durant la Semaine des médias à l’école. Cinq adolescents rencontraient des professionnels des médias. Gaspard avait eu le privilège de découvrir le dessin de presse, tant dans l’atelier de Martial Leiter que celui de Mix & Remix (photos de tournage CIIP) :mix_dessine

mix_macmix_mac2Du dessin au trait à la phase de coloriage sur ordinateur : Mix & Remix possédait un des premiers iMac et travaillait déjà pour la presse alémanique…

Avec l’essor du numérique, il a été nécessaire de changer de visuels pour la Semaine des médias à l’école. En 2013, Mix & Remix nous a proposé deux nouveaux dessins :
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A chaque édition de la Semaine des médias, Mix & Remix modifiait lui-même les indications pratiques avec ce lettrage qui constituait sa marque de fabrique. La dernière version en date porte le slogan « Toujours connectés ? ». Malgré sa grave maladie, Philippe Becquelin (alias Mix & Remix) avait tenu à nous l’adresser le 5 septembre dernier.logo_14e_original

Mardi matin, un directeur d’école lausannois nous faisait part de sa tristesse via WhatsApp: « Qui va maintenant illustrer l’affiche pour l’affiche pour la Semaine des médias ? » Peut-être la propre fille de l’artiste disparu, Louiza, qui a déjà illustré la brochure de vulgarisation co-éditée par la CIIP et les éditions LEP « La Presse et l’actualité »…

De Mix, on regrettera le regard incisif mais toujours bienveillant, brocardant nos travers avec verve, comme ci-dessous…

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Cinéma et école : quelle alliance éducative ?

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Comment faire mieux ? Comment accorder plus de place au cinéma et au langage de l’image dans les programmes scolaires ? Pour en débattre, une journée de réflexion était proposée aux enseignants samedi 12 novembre à Bellinzone, à l’initiative de Castellinaria (festival du cinéma jeune public), du Département de l’éducation, de la culture et du sport du canton du Tessin (DECS) et de la SUPSI (Scuola universitaria professionale delle Svizzera italiana), avec le cinéma itinérant Roadmovie. Son intitulé : « Cinéma et Ecole : une alliance éducative« .

le_ciel_attendraCette alliance peut se concrétiser à trois niveaux, selon Emmanuele Berger (à droite sur la photo ci-dessus), directeur de la division Ecole de la DECS. Le cinéma peut se révéler un instrument efficace pour éduquer à la citoyenneté, lutter contre l’exclusion ou la discrimination. Pour lutter contre des phénomènes aussi insidieux que l’homophobie ou la radicalisation (voir par exemple le film « Le Ciel attendra« , qui fait l’objet d’une fiche pédagogique e-media).

ville_des_animauxEn deuxième lieu, réaliser des films de court métrage est une expérience exaltante en classe (photo : « La Ville des animaux« , Grand prix 2016 du Festival de l’Ultracourt, réalisé par des élèves de 4-6 ans). La plupart des enseignants qui s’y consacrent en observent des effets bénéfiques (meilleure cohésion du groupe, révélation de talents cachés…). La compréhension du langage cinématographique est un troisième niveau, le plus ambitieux sans doute. Mais à l’heure où le langage des images évolue, s’hybride à la faveur des nouvelles pratiques numériques, Emmanuele Berger se dit convaincu que l’Ecole doit prendre en compte cette alphabétisation.

De ces langages qui s’hybrident, le directeur artistique de Castellinaria Giancarlo Zappoli (à gauche sur la photo) a donné quelques saisissants exemples : à Amsterdam, le spectateur du Musée Van Gogh peut littéralement « entrer » dans le champ de blé aux corbeaux par les vertus de la réalité virtuelle ; en adeptes du multitasking, les jeunes trouvent parfaitement normal de consulter leur smartphone dans une salle de projection ; la ville de Milan propose un étourdissant panorama de ses richesses dans un clip de 2 minutes au montage ultra-speedé qui, diaboliquement, se clôt sur des séquences en apesanteur. Mais les spectateurs ravis de finir ainsi en douceur restent peu susceptibles d’apprécier la lenteur des films d’Antonioni.

Le Plan d’études romand mentionne de multiples points de contact possibles avec le cinéma, le film et les réalisateurs, via la discipline des Arts visuels ou le domaine des MITIC (Médias, images, technologies de l’information et de la communication). Les concours de création audiovisuelle proposés aux classes se multiplient. L’offre scolaire des festivals reste la plus sûre des passerelles vers le septième art. Mais l’expérience irremplaçable de la projection en salle fait-elle toujours l’objet d’une exploitation postérieure en classe ? Faute d’évaluation ou de carnet de suivi, comment s’assurer que les élèves ont acquis les compétences souhaitées en matière de lecture d’images ? Pour Emmanuele Berger, c’est une affaire de cohérence : si l’on part du principe que le langage de l’image est abordé de manière intégrée dans les disciplines, il appartient aux enseignants des disciplines d’en faire une composante à part entière de leur évaluation des élèves.

Le festival Castellinaria entend renforcer sa collaboration avec les écoles, au-delà des projections scolaires qui toucheront 11’000 élèves tessinois cette semaine (et dont un jury au moins est constitué d’élèves romands). Il est question d’organiser au printemps, à Locarno, une « foire de l’audiovisuel » durant laquelle les classes présenteraient leurs films et productions diverses. A suivre !…

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CinéCivic 2016 : quand Homer Simpson inspire Alain Berset

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Comment motiver les jeunes à voter ? Par de petits films punchy à diffusion virale sur les réseaux sociaux ? Par des affiches ? Le concours CinéCivic postule que les moins de 25 ans sont les mieux placés pour relever le défi. Pour sa 4e édition, il prenait une dimension romande. De genevois à l’origine, il s’est ouvert aux cantons de Neuchâtel, de Berne et de Fribourg. Lundi 31 octobre 2016 à l’Alhambra de Genève, c’était l’heure du bilan et du palmarès.

45 films ont été soumis aux organisateurs (mais seulement 8 en provenance des écoles, dont 4 du canton de Neuchâtel. La participation des écoles est franchement décevante, quand on sait que le concours avait été présenté dans divers collèges à l’occasion de 9 « roadshows » animés par des jeunes). Moins complexes à réaliser techniquement, 134 affiches ont été présentées au jury.

En s’adressant aux jeunes, lundi, le conseiller fédéral Alain Berset (photo ci-dessus) n’a pas hésité à citer un grand penseur de notre temps : Homer Simpson. Quand celui-ci dit : « Ce n’est pas parce que je m’en fous que je ne suis pas capable de comprendre », les enseignants feraient bien de méditer la sentence, surtout quand ils font face à des classes apathiques. Sont-ils capables, eux, de captiver leur auditoire ? Et la politique, captive-t-elle encore ? Alain Berset observe qu’elle sert de toile de fond aux blockbusters qui ciblent les ados : HUNGER GAMES, DIVERGENTE, THE LABYRINTH… STAR WARS montre aussi qu’une république du Bien peut se transformer en Empire du Mal. Et la politique, on peut aller la trouver jusque dans la BD LE SCHTROUMPFISSIME, exemplaire dans sa dénonciation des dérives totalitaires.

En remettant le « Prix Ecole » à une classe fribourgeoise du CO de la Veveyse, la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta a souligné que le réflexe citoyen ne se suscite pas comme par magie à l’âge de la majorité : « La participation, ça se construit depuis tout petit ». Une nouvelle édition de CinéCivic aura lieu en 2017.

Consulter le palmarès complet du concours CinéCivic 2016

Les films sur YouTube

Et pour la bonne bouche,  « Fallait voter », le Grand prix 2016, réalisé par les frères Kadriov.

Et dans un autre registre, « Les commis », de Luca Moessner et Marco Labagnara, lauréats dans la catégorie 15-18 ans. A signaler que ces deux étudiants du Gymnase de Morges ont couvert le Festival de Locarno sur le blog de la TRIBUne des jeunes cinéphiles.

 

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Médias et informatique : le canton de Berne montre la voie

BPulver« L’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) constitue aujourd’hui une compétence de base au même titre que la lecture, l’écriture et le calcul ». Partant de cette évidence, le Directeur de l’Instruction publique du canton de Berne, Bernhard Pulver (photo), a dévoilé ce vendredi 12 août à Zollikofen une trentaine de recommandations aux communes et aux directions d’école, portant sur les médias et l’informatique.

Même si elles n’ont pas un caractère obligatoire, ces recommandations fixent un horizon idéal qu’il sera difficile d’ignorer. « Chaque école doit mettre au point un plan pédagogique MITIC (médias, images et technologies de l’information et de la communication) définissant concrètement les modalités de mise en oeuvre de l’éducation aux médias et de l’informatique », insiste Bernhard Pulver. « Les autorités communales exigent que les écoles élaborent et révisent périodiquement un plan MITIC », lit-on dans le document officiel. Parce que de tels plans auront une incidence sur les dépenses d’infrastructure, il appartiendra aux autorités communales de les discuter en commun et de les approuver. Aux écoles qui ne savent trop comment s’y prendre, le Centre MITIC interjurassien mettra à disposition un outil web pour élaborer ce fameux plan MITIC.

Chaque établissement tiendra compte des compétences en médias et en informatique de son corps enseignant. Mais, avertit la Direction de l’instruction publique, « ces compétences devraient se compléter » et il faudra « en tenir compte lors de l’engagement de nouvelles personnes ». « Il faut encourager les enseignants et enseignantes à avoir une attitude ouverte vis-à-vis des évolutions dans le domaine des médias et de l’informatique » et organiser une « formation continue systématique », insiste-t-elle également.

Au niveau de l’équipement, les recommandations bernoises encouragent l’acquisition de terminaux informatiques mobiles pour les élèves et l’installation d’un réseau wi-fi doté d’une bande passante suffisante (2 Mbit/s par appareil) pour travailler en simultané avec de la vidéo. Des points d’accès permettront d’ajuster la puissance d’émission au débit de données. Les recommandations font même un pas en direction de l’usage de leurs appareils personnels par les élèves : « Le principe BYOD (Bring Your Own Device) peut être étudié par des écoles dans le cadre de projets comme alternative possible à l’acquisition de terminaux par la commune ».

Les recommandations préconisent la prudence en ce qui touche au stockage des données et à l’utilisation de services en nuage. La Haute école pédagogique bernoise a élaboré un système de feux tricolores pour évaluer le degré de protection des documents et des contenus numériques et pour déterminer s’ils peuvent être utilisés dans l’enseignement.

Autre recommandation décapante : « Il faut utiliser les compétences des élèves lors de l’utilisation des appareils, des logiciels, d’Internet et des médias sociaux ». La Direction de l’instruction publique ne voit aucun obstacle à ce que les élèves les plus dégourdis en matière de MITIC jouent le rôle de « coaches médias » et « déchargent ainsi les enseignantes et enseignants dans l’encadrement de la classe ». Les intéressé-e-s recevraient même un certificat précisant la nature de leur engagement et de leurs compétences…

Enfin, l’enseignement des compétences MITIC définies dans les plans d’études « doit être planifié de manière interdisciplinaire et réparti entre le plus de disciplines possible ». Le choix des moyens et des contenus d’enseignement portera toujours plus sur le numérique, à condition que les exigences de qualité et la conformité aux plans d’études soit garantie.

Christian Georges

Lien vers les recommandations et la documentation complète

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Que penser du palmarès du NIFFF ?

Les organisateurs et les hôteliers ont le sourire. Avec 35’500 entrées, la 16e édition du Neuchâtel International Fantastic Film Festival a rempli les salles et les chambres. Mais que dire du bilan artistique de la manifestation ?

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L’attribution du Narcisse du meilleur film de la compétition à « Under The Shadow » (photo ci-dessus) apparaît comme un choix judicieux. L’Iranien Babak Anvari s’y montre en effet assez adroit à s’affranchir de l’influence écrasante de ses deux compatriotes Abbas Kiarostami et Asghar Farhadi. Il est déjà intrigant de voir un long métrage situé durant la guerre Iran-Irak, dernier conflit conventionnel du XXe siècle. Il est encore plus remarquable que la protagoniste principale soit une femme (qui apparaît le plus souvent non voilée) au tempérament de résistante. Disqualifiée pour son activisme politique passé, celle-ci se voit refuser une place en faculté de médecine. Elle s’accroche pourtant à sa vocation, par fidélité à une promesse faite à sa mère. Elle résiste aussi aux injonctions de son mari, médecin mobilisé sur le front, qui préférerait qu’elle quitte la capitale pour éviter à leur enfant les pluies de missiles irakiens. Dans un contexte domestique anxiogène, Anvari fait rôder un mal protéiforme, que la maîtresse des lieux, rationaliste convaincue, tarde à identifier. Qui sont les « djinns », ces esprits malfaisants que la fillette du film perçoit avant tous les autres locataires ? Quand une vidéocassette des leçons d’aérobic de Jane Fonda est retrouvée entortillée dans la poubelle, on pourrait croire qu’il s’agit des foudres de la censure islamique. Cette sarcastique inversion des codes, alliée à une retenue bienvenue dans les effets spéciaux, permet de fonder quelques espoirs sur le prochain film de Babak Anvari.

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« Swiss Army Man » (photo ci-dessus) est reparti avec le Prix de la critique internationale, le Prix du public et le Prix « Imaging the Future » du meilleur production design. C’est sans doute la troisième de ces récompenses qui paraît la plus méritée. Comme aux meilleures heures des ateliers de bricole organisée par Michel Gondry, Daniel Scheinert et Dan Kwan se donnent en effet beaucoup de mal pour recréer en forêt le petit théâtre de la vie, à partir des déchets trouvés sur place. Le but : permettre à un Robinson au bord du suicide (Paul Dano) de ré-expliquer le sens de l’existence à un cadavre inexplicablement revenu à la conscience (Daniel Radcliffe). Dans un article cocassement délirant, Indiewire soutient que la performance de ce dernier mérite tout autant l’Oscar que celle de Leonardo DiCaprio dans « The Revenant« . C’est sans doute exagéré. Tout comme il serait exagéré de voir en cette pochade pour geeks une transgression digne des meilleurs Buñuel. En transformant un « cadavre qui pète » en hors-bord, en ramenant un défunt à un « outil multi-usages » (le titre signifie « l’homme couteau suisse »), les réalisateurs se rendent bien coupables d’une profanation telle que les affectionnait Don Luis. Mais quand ils tartinent une Bible de dessins enfantins destinés à illustrer le fait que « tout le monde fait caca », ils apparaissent pour ce qu’ils sont : de petits malins coincés au stade anal. La folie guettait avec ce compagnonnage forcé entre un désespéré et un cadavre pourrissant. Le film revient à toute vitesse dans les clous de la comédie romantique trash, en oeuvrant au laborieux rachat d’un geignard solitaire, accroché à l’image d’une femme inaccessible et en froid avec son papa.

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Les élèves du Lycée de Rougemont ont choisi d’attribuer le Prix de la jeunesse du NIFFF à « Detour » du Britannique Christopher Smith (photo ci-dessus). Ce film noir situé aux Etats-Unis, non loin de la frontière mexicaine, démarre sous des auspices prometteurs. Un prof d’Uni démontre l’arbitraire de la justice, selon que les actes sont jugés dans un contexte géographique ou un autre. Vouant une haine tenace à son beau-père, un étudiant se laisse entraîner dans un engrenage schizophrène : le scénario le voit successivement nouer une alliance avec un truand pour s’en défaire, puis commettre lui-même un homicide. Cette parabole sur la fin et les moyens abuse du split screen, au point que le spectateur ne sait plus très bien dans quelle version de l’histoire il se trouve.

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A contrario, le thriller belge « Les Ardennes » (photo ci-dessus) s’impose par la cohérence de sa ligne claire. Montré dans la section parallèle des « Films of the third kind », le film de Robin Pront effectue l’improbable jonction entre le délicat cinéma social des Dardenne et la noirceur brute de « Bullhead« . Cette histoire de deux frères minés par le non-dit et la culpabilité a un immense mérite : celui de ne pas prendre de haut des personnages plombés par leurs limites et leur monde étriqué. Et la virtuosité de sa mise en scène épate : le règlement de comptes dans la station de lavage pour voitures vaut celui filmé par Cronenberg dans le hammam des « Promesses de l’ombre« . Bonne nouvelle : « Les Ardennes » sort mercredi 13 juillet dans les salles romandes.

Christian Georges 

 

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